Simon Bréan

Thèse

La Science-fiction en France
de la Seconde Guerre mondiale
à la fin des années soixante-dix

sous la direction de M. Michel Murat

Soutenue
le 22 novembre 2010.
Mention très honorable, avec les félicitations du jury.


Le jury était composé de :

M. Didier ALEXANDRE (Professeur, Paris IV-Sorbonne)

M. Emmanuel BOUJU (Professeur, Rennes 2 – Haute Bretagne)

Mme Irène LANGLET (Professeur, Limoges)

M. Michel MURAT (Professeur, Paris IV-Sorbonne)

M. Jean-Marie SCHAEFFER   (Directeur de recherches, CNRS, EHESS)

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Position de thèse

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La littérature de science-fiction s’est constituée en France à partir du début des années cinquante. Une tradition française d’imagination scientifique lui préexistait, représentée en ordre dispersé par Jules Verne, J. H. Rosny aîné ou René Barjavel. Elle a néanmoins été absorbée dans un mouvement de création plus large et cohérent, inspiré par une science fiction américaine tenue pour novatrice par de fervents amateurs tels que Raymond Queneau et Boris Vian. Œuvres anglo-saxonnes et françaises se sont ensuite côtoyées pendant des décennies au sein de collections spécifiques, développant un réseau toujours plus riche d’images et d’idées partagées, à l’écart de toute reconnaissance et de toute lecture critique autres que celles d’une presse spécialisée. La popularité de quelques œuvres particulières, puis les réussites spectaculaires obtenues par le cinéma et la télévision ont conduit depuis les années soixante-dix à une validation culturelle du geste créateur fondamental de la science-fiction, à savoir la mise en place de mondes de fiction extrapolés à partir de la réalité.

Toutefois, la science-fiction occupe encore dans les études littéraires françaises une place marginale. Son statut de littérature de genre, ou de paralittérature, semble limiter la portée des exemples susceptibles d’en être tirés, alors même que l’investissement cognitif nécessaire pour maîtriser le corpus et ses modes de fonctionnement et d’organisation se révèle plus coûteux qu’il n’y paraît au premier abord. La lecture critique de romans de science-fiction exige une compétence particulière, qui s’acquiert surtout par la fréquentation des textes, mais qui procède avant tout d’une disposition d’esprit. Les mondes fictionnels extrapolés par la science-fiction sont conçus en tension entre la réalité conventionnelle et des états alternatifs de cette réalité. Le plaisir de lecture est suscité par des dispositifs textuels destinés à favoriser le consentement du lecteur, qui a le sentiment de participer à l’élaboration de ce monde possible, tout en étant fermement guidé par le récit.

En cela, la littérature de science-fiction fournit l’exemple de l’une des trois modalités de création d’un monde fictionnel censément concret, que nous dénommons « régime ontologique matérialiste spéculatif ». Les deux autres modalités, représentées en particulier par la littérature réaliste et par la littérature de fantasy, sont le « régime ontologique matérialiste rationnel » et le « régime ontologique matérialiste extraordinaire ». Le régime rationnel vise à faire oublier le caractère artificiel de la fiction en se dotant de contraintes ontologiques fortes, qui sont autant de restrictions liant la construction de l’intrigue, du monde et des personnages, de telle sorte que le lecteur en vient à établir une relation d’équivalence entre la fiction et son expérience, en négligeant ce que la fiction présente d’arbitraire. Le régime extraordinaire suscite une distance ou une méfiance chez le lecteur en opposant ouvertement les principes ontologiques du monde de référence de l’écriture et ceux du monde de la fiction. Le régime spéculatif, enfin, tout en marquant nettement une forme de mise à distance avec le monde de l’expérience du lecteur, fait appel à des savoirs abstraits, relevant des sciences dures et des sciences humaines, pour alimenter une forme d’extrapolation qui implique une relation de continuité indirecte entre le monde de la fiction et le monde de l’expérience du lecteur.

La littérature de science-fiction est donc analysée dans notre étude comme l’un des lieux où se réalise de manière privilégiée une modalité de construction des mondes de fiction. Notre travail s’est appuyé notamment sur des outils mis au point par Richard Saint-Gelais, dans L’Empire du pseudo, et par Irène Langlet, dans La Science-fiction, Lecture et poétique d’un genre littéraire1. Afin de rendre accessible chaque roman de ce corpus, il est indispensable de fournir un tableau cohérent de la littérature de science-fiction à l’échelle non de quelques textes, mais du domaine tout entier. Les analyses sémiotiques ont été assorties d’une étude historique pour mettre en évidence la manière dont se sont développés les pratiques d’écriture et les réflexes de réception qui ont permis l’établissement d’une littérature partiellement autonome. Suivre l’évolution historique de cette littérature au sein d’une aire géographique et culturelle, en d’autres termes retracer l’histoire de la science-fiction d’expression française, fournit les moyens de délimiter un contexte cohérent pour appuyer des analyses textuelles précises, de manière à permettre aux études littéraires de manier un corpus francophone, en maîtrisant tous les tenants et aboutissants de ce qui n’est, à première vue, qu’un genre paradoxalement à la fois stéréotypé et insaisissable.

Il ne s’agit pas ici de plaider pour une réhabilitation du corpus français, qui passerait par sa réinsertion en bloc ou par des exemples choisis dans le grand courant de la littérature de science-fiction. Rapportée à l’évolution de cette catégorie littéraire dans son ensemble, l’écriture d’une science-fiction française est un phénomène local observé par le public francophone. Toutefois, même si la parution d’ouvrages anglo-saxons a donné son rythme d’ensemble à la perception et la conceptualisation de la science-fiction, une histoire de la science-fiction en France ne pourrait pas se réduire à une chronique des traductions et à un historique de la réception de cette littérature. Adossés à une solide structure éditoriale, les auteurs français ont été encouragés à écrire, pour doter la science-fiction d’une école française. Cette dernière n’a jamais réellement été constituée, en l’absence de tout manifeste ou programme précis, du fait de l’impossibilité de définir une manière spécifiquement française d’écrire dans un « genre » aussi difficile à repérer. Ce que le terme d’« école » désigne, en réalité, est la dimension collective de l’écriture de la science-fiction en France. Les écrivains français de science-fiction sont parvenus à former une communauté littéraire viable et forte, équivalant à celles qui se sont formées aux États-Unis et en Angleterre.

Considérée du seul point de vue de l’édition, cette communauté a prospéré dans un sous-champ de la littérature doté de caractéristiques particulières. La science-fiction en France, à partir de la Seconde Guerre mondiale, est publiée dans le cadre de collections spécialisées, parfois deux ou trois, parfois plus de vingt-cinq. Même les collections les plus prestigieuses ne parviennent pas à se défaire de l’image de littérature de gare associée dès l’origine à la science-fiction, ce qui offre l’opportunité de réfléchir aux différents mécanismes de légitimation et de domination qui s’exercent sur ce type de genre littéraire, lorsque le terme de « genre » ne renvoie qu’à une étiquette éditoriale et à des pratiques d’écriture tenues pour faciles à circonscrire.

En même temps qu’un sous-champ littéraire, la science-fiction est devenue en France une « subculture », pour reprendre le terme de Gérard Klein2, au sens où ce terme désigne une culture enclavée dans le paysage culturel dominant, au sein de laquelle se développent des centres d’intérêt et des codes spécifiques. La temporalité d’une telle subculture n’est pas exactement celle de l’Histoire, avec ses points de repères chronologiques et ses évolutions à long terme, mais celle de la mémoire, lieu où sont condensés le proche et le lointain. La science-fiction est affaire de souvenirs, de transmissions et de découvertes, les nouveautés et les originalités s’ajoutant aux classiques constamment réédités.

À l’échelle d’un individu, cette mémoire se confond avec la notion même de science-fiction : est science-fiction ce que le lecteur retient de ses lectures, l’agrégat des multiples objets et intrigues tirés de mille romans. Au niveau de la communauté des lecteurs, cette notion de science-fiction s’organise autour de paradigmes dominants, ce qui à une époque donnée est jugé le plus représentatif, comme le voyage spatial pendant les années cinquante, l’exploration de mondes nouveaux pendant les années soixante, ou une forme d’extrapolation sociologique pendant les années soixante-dix. Les lecteurs accueillent tout nouveau sujet avec une bienveillance syncrétiste, établissant des liens avec les textes précédents et détectant parfois sous les atours de la nouveauté la résurgence d’un objet ancien.

C’est surtout dans la constitution de cette mémoire collective que la littérature de science-fiction croise ses manifestations issues d’autres arts. L’épithète « de science-fiction » est suffisamment plastique pour être appliqué à des films, des séries télévisées, des bandes dessinées, des illustrations, voire à certains projets architecturaux, des objets décoratifs ou des jouets. Pour autant, la littérature est première dans l’établissement des thèmes et des objets de science-fiction, à la fois d’un point de vue historique et du fait d’une production plus importante et concurrentielle, qui impose le renouvellement constant et l’évolution des paradigmes de la science-fiction.


Le corpus des romans de science-fiction a été analysé successivement sous deux angles complémentaires. La chronique de ces trente années, où se mêlent des questions de réception, d’organisation et de production, sert d’appui à l’analyse des procédés d’écriture, laquelle garantit en retour la cohérence de l’approche historique. Les romans sont donc convoqués alternativement comme documents et comme œuvres littéraires. La première partie de la thèse présente une histoire des acteurs, des structures éditoriales et des thèmes de la science-fiction en France, en l’articulant à une réflexion sur les conditions et les perspectives d’écriture des auteurs français. Cette perspective diachronique permet de mettre en valeur les phénomènes d’accumulation et d’évolution des références dans ce domaine littéraire, qui prennent la forme de paradigmes dominants, et elle fournit également des éléments concrets pour établir le contexte de parution des différentes œuvres. La seconde partie met en place une théorisation à plusieurs niveaux de l’écriture de la science-fiction, depuis le mot et le texte de science-fiction, jusqu’à la mémoire collective mise place par l’ensemble des œuvres, en passant par l’élaboration de mondes fictionnels extrapolés à partir du monde réel. Cette perspective synchronique se concentre sur les éléments présents de manière constante dans les romans français de science-fiction, depuis la récurrence de certains procédés stylistiques jusqu’à l’établissement d’une mémoire collective, commune à toutes les œuvres de science-fiction. L’étude raisonnée de la littérature de science-fiction d’expression française doit permettre de se saisir librement de certains de ces romans, en toute connaissance de cause, c’est-à-dire en évaluant à leur juste mesure les procédés qu’ils emploient et leur originalité au sein de la littérature.

Le premier chapitre évoque les modèles dont disposent, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les écrivains souhaitant aborder des thèmes scientifiques en littérature. L’imagination scientifique de Jules Verne, Maurice Renard, J. H. Rosny aîné, Jacques Spitz ou René Barjavel reposant sur une esthétique de l’anomalie, toutes les merveilles qu’ils inventent sont destinées à disparaître à la fin du récit, ce qui limite considérablement les tendances à mettre en commun ces objets imaginaires. Le modèle américain, en revanche, se présente comme un système éditorial et esthétique fondé sur le partage et le raffinement infini d’images et d’idées stimulantes. Si l’extrapolation littéraire n’est pas un concept original pour les écrivains français, le mouvement de création collective qui l’accompagne fait apparaître la science-fiction comme un genre d’une radicale nouveauté.

Le deuxième chapitre, consacré aux années cinquante, évoque l’apparition puis la consolidation d’une science-fiction d’expression française. Le sous-champ se structure autour d’un pôle critique animé surtout par la revue Fiction, dans laquelle les écrivains peuvent faire leurs premières armes et les critiques s’approprier peu à peu la culture de la science-fiction, et d’un pôle éditorial représenté par trois collections principales, l’Anticipation du Fleuve Noir, le Rayon Fantastique de Gallimard et Hachette, et Présence de Futur de Denoël. Au côté d’œuvres américaines paraissent les romans d’auteurs tels que Francis Carsac, Stefan Wul, Daniel Drode et Charles Henneberg, qui s’inscrivent en majorité, dans le paradigme des aventures spatiales.

Le troisième chapitre présente une décennie de crise du sous-champ éditorial, alors même que l’écriture des auteurs français ne cesse de s’affirmer. Nathalie Henneberg, Francis Carsac, André Ruellan, Philippe Curval ou Gérard Klein font paraître des romans bien reçus par les amateurs, dans un contexte fortement défavorable, puisque le Rayon Fantastique disparaît et que Présence du Futur cesse temporairement d’accueillir des textes français. Les récits de science-fiction de cette époque portent le plus souvent sur l’exploration et la compréhension de planètes et de sociétés éloignées dans le temps et dans l’espace

Le quatrième chapitre expose le renouveau et l’effervescence de la science-fiction pendant les années soixante-dix en France. Les collections se multiplient en même temps que le public s’élargit. La culture de science-fiction devient de plus en plus accessible, grâce aux anthologies et aux encyclopédies qui favorisent la coprésence de multiples thèmes. Les auteurs majeurs de cette période, Michel Jeury, Jean-Pierre Andrevon, Pierre Pelot, Philippe Curval ou André Ruellan donnent au paradigme dominant des inflexions en lien avec les préoccupations contemporaines, de l’écologie à la contestation politique, dans le cadre de sociétés étouffantes.

La connaissance et la compréhension du contexte de parution des œuvres françaises permet dans un second temps de les constituer en exemples pour des analyses littéraires. Le cinquième chapitre reprend les postulats de Richard Saint-Gelais et d’Irène Langlet, pour mettre en évidence les procédés d’écriture qui structurent tout l’édifice textuel des romans de science-fiction. Ces dispositifs textuels ont pour fonction d’accréditer l’existence des objets mis en scène, afin que la matérialité qui leur est prêtée incite le lecteur à les incorporer, non à un dictionnaire, mais à ce que Richard Saint-Gelais nomme une « xénoencyclopédie », c’est-à-dire à un ensemble de notions qui renvoient à un monde complet, indépendant de notre univers de référence. Le lecteur se constitue un vade-mecum lexical et notionnel initialement destiné à faciliter sa lecture, mais qui a pour particularité de survivre à cette lecture, en étant versé dans une mémoire individuelle de la science-fiction, de telle sorte que l’entrée dans un monde de science-fiction devient toujours plus simple et naturel.

Le sixième chapitre examine la manière dont les romans de science-fiction mettent en place leurs univers. Décalés dans l’espace et le temps, emplis de mots et d’objets étranges, de notions et d’images surprenantes, les univers de science-fiction n’en restent pas moins des constructions fictionnelles, qui illustrent une large gamme de possibilités de la fiction, fournissant des exemples remarquables à toute théorie des mondes possibles3. Leur variété est l’une des richesses de cette espèce littéraire, et la source d’un plaisir sans cesse renouvelé pour le lecteur. Tout éloignés qu’ils puissent paraître de l’expérience quotidienne, les mondes la science-fiction sont gouvernés par ce souci de l’axiologie qu’a identifié Thomas Pavel dans le roman en général4. Le lecteur a ainsi une notion du monde, avec toutes ses caractéristiques physiques, ses autochtones, ses lieux et ses lois spécifiques, mais aussi du sens à donner à ce monde particulier. Au sein de sa mémoire se mêlent et se rencontrent les objets et les êtres, avec leurs valeurs spécifiques, et de ce mélange naît progressivement une culture de science-fiction, faite d’érudition et de compétence, enrichie à chaque nouvelle expérience de lecture.

Le septième chapitre rend compte de ce processus cumulatif en lui donnant le nom de « macro-texte » de la science-fiction. L’intertextualité propre à la science-fiction est plutôt une « macrotextualité », c’est-à-dire que les textes nouveaux sont écrits en fonction d’images et d’idées abstraites de leur contexte initial et versées à un fonds commun. Pour apporter et emprunter à cette « mer d’idées », selon le mot de Gérard Klein, chaque écrivain doit disposer d’« une manière de culture en matière de science-fiction, c’est-à-dire une façon de penser, empruntée à d’autres, aux prédécesseurs, et qui soit devenue comme une seconde nature5. » Un roman de science-fiction ne transforme pas exactement une matière textuelle antérieure en un nouveau texte. Pour construire son univers, un écrivain de science-fiction puise d’une part dans la réalité, par extrapolation, et d’autre part dans ce qu’il perçoit du macro-texte de la science-fiction, donc dans sa culture personnelle. Ce processus de double inspiration est une caractéristique déterminante de la science-fiction, liée à la fois à son développement historique et à ses canons esthétiques. La perception de cet espace potentiel sur lequel se découpe chaque œuvre est indispensable pour comprendre la nature collective de la science-fiction et percevoir l’originalité des écrivains et des romans, aussi bien dans le contexte de leur époque, qu’au regard de la science-fiction tout entière. C’est sur le fond de cette culture commune que peuvent se détacher les créations originales de chaque écrivain, dont les œuvres déterminent, en même temps que les possibilités de la science-fiction, des univers personnels. Comme le montrent les exemples de Gérard Klein et Pierre Pelot, les objets ne sont pas disposés dans une combinatoire uniquement destinée à raconter des aventures exaltantes. Ces matériaux sont les supports d’univers d’écrivains, qui permettent de dessiner des images et des situations uniques.


Cette thèse propose une étude de l’histoire de la science-fiction depuis son introduction dans le champ littéraire français jusqu’à l’un de ses apogées trente ans plus tard, puis assoit sur les connaissances ainsi affermies des analyses des textes, des mondes et de l’intertextualité de la science-fiction, afin d’ouvrir des perspectives nouvelles pour la sémiotique et la théorie de la fiction en facilitant l’accès à un corpus jusqu’ici peu exploité par la théorie littéraire.

1 Richard Saint-Gelais, L’Empire du pseudo. Modernités de la science-fiction, Québec, Nota Bene, 1999. Irène Langlet, La science-fiction. Lecture et poétique d'un genre littéraire, Paris, Armand Colin, 2006.

2 Gérard Klein, « La Science-Fiction est-elle une subculture ? », Quarante-Deux, [en ligne], http://www.quarantedeux.org/archives/klein/divers/subculture.html (07.07.2010) (Science-fiction, catalogue d’exposition, Paris, Musée des arts décoratifs, 28 novembre 1967 - 26 février 1968, Éditions du musée des arts décoratifs, 1967, p. 5-8).

3 Nous nous appuyons en particulier sur les analyses de Lubomir Dolezel, dans Heterocosmica. Fiction and Possible Worlds (Baltimore et Londres, Johns Hopkins University Press, 1998).

4 Thomas Pavel, « Axiologie du romanesque », Le Romanesque, sous la direction de Gilles Declerq et Michel Murat, Paris, Presses Sorbonne Nouvelle, 2004, p. 283-290.

5 Gérard Klein, « James Blish, l’intellectuel de la S.F. », Fiction, n° 70, septembre 1959, p. 131.


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