Simon Bréan

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Mise à jour le 24.10.2012.


Simon Bréan et Clément Pieyre, « Les chaînes de l'avenir : la science-fiction est-elle une littérature à contraintes ? », Recto/Verso n° 4, « Mauvais Genres », janvier 2009, [en ligne], http://www.revuerectoverso.com/spip.php?article143.

Résumé

La littérature de science-fiction apparaît souvent comme un « genre » soumis à des déterminations, en partie éditoriales, qui influencent fortement ses processus d’écriture ; ces contraintes contribuent à donner l’impression que les textes sont standardisés, enchaînés à des topiques stéréotypées. De fait, jusqu’à une époque très récente, les chercheurs en littérature française ne disposaient pas de sources manuscrites pour l’étude du processus créatif à la source du genre. Or le département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France s’est lancé dans une politique d’acquisition d’archives littéraires d’écrivains français de science-fiction et c’est sur ce fonds que s’appuiera notre étude – en particulier sur Surface de la planète (1959), de Daniel Drode, et Cette chère humanité (1976), de Philippe Curval. Les notes préparatoires, qui contiennent croquis, plans et bribes de calculs, montrent comment il s’agit de tisser préalablement un arrière-plan matériel à même de justifier la présence dans le texte d’objets caractéristiques de la science-fiction. Elles indiquent également qu’un écrivain de science-fiction peut difficilement faire l’économie d’une réflexion sur le langage, celui de son époque comme celui de l’univers qu’il crée : l’auteur élabore alors ses propres contraintes, construisant en regard de son récit un monde de référence original, qu’il travaille à partir d’un état de la langue différent de celui de son époque, inventant des notions et des mots nouveaux.

Mots-clé : Brouillons ; Contrainte ; Philippe Curval ; Daniel Drode ; Littérature de science-fiction

Abstract

Science fiction literature often appears as a “genre” subject to norms, in part editorial, which influence the creative writing process. The authors are constrained by the editorial requirements of specialized collections, which are their natural outlets, requirements which can affect the length of the texts or their style, contributing to the impression that the texts are standardized. In fact, up to very recently, scholars of French literature did not have handwritten sources allowing them to assess the important creative work of science fiction authors. The Manuscripts Division of the National library of France launched a policy for the acquisition of French authored science fiction manuscripts. Thanks to this policy, this study is able to focus on two specific novels : Surface de la planète (1959) by Daniel Drode and Cette chère humanité (1976) by Philippe Curval. Their preparatory notes, which contain sketches, plans and calculations, reveal the importance of weaving together substantial material beforehand able to justify the presence of the objects that appear characteristic of science fiction. These notes also demonstrate that a science fiction writer cannot avoid meditating on language, that of his own time as well as that of the world he builds through his tale. Thus, a science fiction writer establishes his own constraints : he builds an original reference world for his story, within which he includes traditional science fiction objects and topics ; he begins by working on a language different from that of his time, inventing new concepts and words.

Keywords : Constraint ; Philippe Curval ; Daniel Drode ; Manuscripts ; Science fiction literature


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