Résumé
Après la Seconde
Guerre
mondiale, la littérature de science-fiction s’est
développée en France sous la
forme d’un sous-champ isolé au sein du champ
littéraire, avec ses collections,
ses critiques et ses lecteurs spécifiques. Cette
littérature produit des
univers fictionnels en tension entre la réalité
conventionnelle et des états
alternatifs de cette réalité, selon une
modalité dénommée dans la
thèse le
« régime ontologique
matérialiste spéculatif ». Le
corpus des romans
a été analysé d’abord dans
une perspective diachronique, en présentant une
histoire des acteurs, des structures éditoriales et des
thèmes de la
science-fiction en France, articulée à une
réflexion sur les conditions et les
perspectives d’écriture des auteurs
français. Les romans ont ensuite été
analysés de manière à permettre une
théorisation à plusieurs niveaux de
l’écriture de la science-fiction : le mot
et le texte de science-fiction,
les mondes fictionnels extrapolés à partir du
monde réel et enfin la mémoire
collective mise en place par l’ensemble des œuvres,
que nous nommons le
« macrotexte » de la
science-fiction. Notre contribution principale à
l’histoire littéraire est
l’étude de la manière dont
évoluent les
représentations communes en science-fiction, sous la forme
de paradigmes
dominants successifs où les écrivains
réinterprètent les images et idées de
la
science-fiction. Nous avons établi selon quelles
modalités le corpus des romans
de science-fiction fournit à l’analyse du discours
narratif, à la théorie de la
fiction et à l’étude de
l’intertextualité, des exemples remarquables en
raison
des dispositifs destinés à mettre les univers de
science-fiction en concurrence
avec la réalité.
Mots-clefs :
Science-fiction – histoire et critique,
France, 1950-1980 ; Roman – histoire et critique, 20e
siècle ; Analyse du discours narratif ;
Intertextualité – Macrotexte
de science-fiction ; Théorie de la fiction
– Mondes possibles, Régimes
ontologiques.